Bienvenu sur mon Blog. A l'occasion de mon premier livre édité, j'en profite pour présenter mon actualité mes projets, certaines de mes nouvelles et sources d'inspiration.

mercredi 26 décembre 2012

Et l'Art inventa le Diable....

Il s'agit d'un de mes articles d'essais pour une candidature de pigiste. Article d'une des catégories de culture dans le web magazine MKR. 
Cet article étant un essais, il ne sera bien sur pas publié, mais a retenu l'attention de la rédaction du magazine.
www.mkrmagazine.com



Art et culture.


Et l’Art inventa le Diable….
 
Représentation du Diable aux enfers inspirée par La Vision de Dante
Fresque de Giovanni (aucun lien) da Modena. 1451, Basilique  de San Petronio, Bologne 


               Une précision avant toute chose, on n’accuse en aucun cas les Artistes de s’adonner à des actes sataniques, mais posons-nous la question : Le diable a-t-il été un thème de l’Art sacré et profane ? Ou bien est-ce l’Art qui fut l’inventeur du Diable lui même ? On pencherait pour cette seconde hypothèse si l’on en croit l’apparition relativement tardive de ce symbole du mal absolu. Même dans le christianisme, c’est seulement à partir du XIIème siècle que « le grand Diable » commence à avoir sa représentation corporelle d’être surnaturel et effrayant. Auparavant, dans la bible et les croyances populaires, il n’était qu’un nom redoutable d’Ange déchu : Satan, Lucifer, Belzebuth, Baal-Moloch, etc.….. A ne prononcer qu’avec précaution.    
 
Pendant le premier millénaire, c’est l’art du spectacle de rue, les théâtres de villages, les contes de bateleurs, qui le représentent sous la forme d’une myriade de démons hérités de folklores et de cultes anciens, voir du paganisme. Ces démons de contes deviennent des personnages si grotesques, si burlesques et si maladroits, qu’ils en sont comiques. Citons pour l’exemple les contes provençaux sur Saint Honorat et la légende des îles de Lérins. Le Diable et ses sbires finissent immanquablement par être moqués, escroqués, et chassés, roués de coup sous les rires des bons chrétiens hilares.
 
C’est surtout au XIVème siècle que tout change avec l’imagination des penseurs chrétiens et des communautés monastiques. Une imagination digne de romancier fantastique d’épouvante qu’il leur faut mettre en image pour inquiéter l’homme du peuple. L’Art roman, la peinture sacrée, la littérature commencent à représenter les premiers démons et l’enfer d’une manière effrayante et épouvantable. Et à l’image de la vision de l’enfer décrite par Dante, au cœur de ce monde de supplice, il trône, bestial et surhumain, le Diable est désormais le souverain des enfers ! Subissant une terrible métamorphose, il est représenté immense, impitoyable, malsain, il broie les pêcheurs, les engloutis de ses multiples orifices, généralement une gueule béante au niveau de la tête et du sexe ! Pour accomplir leur devoir de représentation sacré, les artistes ne lésinent pas sur les scènes de tortures et les détails sordides. Ainsi, l’Art au service de l’église atteint son but : la dévotion pour éviter les supplices de ce tyran des enfers !
 
Niveau architecture, ce souverain du mal terriblement puissant possède une fantastique forteresse infernale : Le Pandémonium, (du Grec ancien « tout » et « démon »), décrit par l’écrivain anglais John Milton dans Paradise Lost. Capitale des enfers, le peintre anglais John Martin le représente en 1871 comme un titanesque palais baroque à la mégalomanie démesurée et baignant dans les flammes de l’enfer.   
 
Si « Deus ex Machina », Dieu est dans la machine (selon un procédé théâtral), « Diabolus in Musica » Le Diable est dans la musique ! Et cela à cause d’une note, dite note du Diable : le triton. En musique, le triton est un intervalle dissonant, une sonorité agressive, interdite, jugée dangereuse à la fin du Moyen Age car susceptible de localiser le Diable. Un nombre incroyable de légendes gravitent autour des pouvoirs diaboliques de la musique. L’on a dit du violoncelliste Paganini qu’il avait vendu son âme au Diable, que Faust avait invoqué Lucifer par l’emploi du triton, de même que Boito, Busoni…..Lors d’un opéra, persuadé par le son du triton que c’était le Diable en personne qui était venu jouer, des spectateurs horrifiés se jetèrent depuis les loges des balcons ! Ce qui en dit long sur les superstitions de l’époque.    
 
Littérature, peinture, musique, arts graphiques et théâtre…. Les Arts firent du Diable une figure incontournable de tous les médias à partir du XVIème siècle.
 
Sur employé par les médias modernes comme le cinéma, et la contre culture haevy métal, la figure du Diable cornu et velu tomba dans le ridicule. Le Diable se représente désormais comme une présence maléfique latente, s’associant aux troubles psychiatriques et tendances psychopathes de tueurs en série dans les romans (ex : le thriller Les racines du Mal, de M.G. Dantec). A noter que ce phénomène n’est pas nouveau, pendant les saintes inquisitions, l’on parlait déjà du Diable tapis dans le corps et les âmes des sorcières.
 
Ainsi, associés aux souffrances de l’Histoire et aux superstitions, les Arts ont d'abord fait du Diable  un démon brigand, l'ont ensuite couronné souverain des enfers puis l'ont dématérialisé comme manifestation abstraite du mal. Quelle image lui donneront-ils à l’avenir ?


Giovannoni Julien

                                    
 

jeudi 1 novembre 2012

Polar du douzième

Je présente ici l'introduction d'un nouveau roman "catégorie polar" actuellement en création. Il s'agit d'un polar inspiré de faits divers ayant eu lieu cet été dans le douzième arrondissement où j'ai résidé.
La particularité de cette introduction (qui peut presque se lire comme une nouvelle indépendante) est qu'elle est aussi une conclusion.
Je m'explique: cette partie se déroule à la fin du roman, mais c'est elle qui introduit l'histoire.
(Je ne présente pas encore le résumé de ce roman, c'est un choix volontaire. Quand au titre, il peut encore être sujet à des modifications).

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Nathalie Viette est sortie de la station de métro « Père Lachaise » vers seize heures quarante. Elle n’avait jamais auparavant utilisé le métro pour se rendre au plus célèbre des cimetières parisiens. Ainsi, en sortant de la station du même nom, elle aurait imaginé pouvoir se retrouver directement en face de l’entrée principale du cimetière, mais non, il lui fallait encore longer le grand mur d’enceinte en pierres. Tant pis, ça ne lui fera pas de mal de marcher un peu.

On est la veille du jour de La Toussaint, les paroles fortes entrecoupées de rire d’un groupe de jeunes font remémorer à Nathalie que ce soir, c’est Halloween.
« T’imagines, ceux qui font une soirée dans le cimetière ce soir là ! Ca doit être un truc flippant ! » Voila la phrase qui l’a interpellée et à laquelle elle réagit avec une surprise quelque peu détachée. D’abord, elle avait totalement oublié jusqu’à l’existence d’Halloween, il faut dire que dans son quartier résidentiel, les pauvres enfants déguisés en monstres qui voudraient demander des bonbons risquent de finir longtemps bloqués devant les lourdes portes à digicodes.
Ensuite, il lui semble que le cimetière est fermé la nuit, donc à moins d’escalader les murs, elle n’imagine guère la présence d’une soirée épouvante. D’ailleurs, en dépit de ses nombreuses visites au Père Lachaise, Nathalie n’a jamais vu un seul de ces « gothiques romantiques » errer entre les tombes et mausolées afin d’y rechercher l’ambiance sereine de cette cité des morts.
Par contre, des touristes, ça on peut dire qu’on en trouve à la pelle, sans faire de mauvais jeux de mots. Pareil pour ce soir là, où des grappes de ces touristes des cinq continents, armés de leurs anoraks et appareils photos se mêlent aux Parisiens venus fleurir des tombes en avance.  Ainsi, aux petits vendeurs de plans de visite du cimetière se mélangent des vendeurs de fleurs colorées.
Nathalie ne fait pas de pause en passant la barrière d’entrée, elle a déjà son bouquet de fleurs. Trois grosses fleurs, une jaune, une rose et une blanche, sont-ce des cyclamens ? Des orchidées ? Elle n’en sait rien, elle n’y connait rien en fleurs, elle les a juste acheté chez un fleuriste en venant parce qu’elles lui semblaient belles.

Mieux encore, Nathalie n’a aucune famille ou ami enterré ici, la seule personne pour laquelle elle aurait une raison valable de venir fleurir sa tombe n’est pas ici, et de toute façon il a voulu être incinéré.
Dès qu’elle commence à gravir l’allée pavée principale, elle cherche du regard une tombe sur laquelle elle pourra poser ses fleurs. Un rituel qu’elle se fait un devoir d’accomplir à chaque fin d’enquête difficile et éprouvante. Elle va choisir une tombe selon son attirance ou différents critères qui lui sont propre.
Mais pas ici, plus haut dans le cimetière surement, il y a trop de peuple et de bruit en bas. Ah ça, si on vient rechercher le calme d’un lieu de recueillement, il ne faut surtout pas venir au Père Lachaise. Sauf si comme Nathalie, on aime emprunter les petites allées intérieures sur les hauteurs, voir slalomer entre les tombes. Il n’y a vraiment que loin des « avenues internes » entre les grandes divisions que l’on peut échapper aux touristes cherchant avidement les tombes fleuries de Jim Morrison jusqu’à Edith Piaf en passant par celle de Mano Solo. Du nombre incroyablement élevé de célébrité plus ou moins connus enterrées ici, Nathalie n’a du en voir au mieux moins d’un dixième, ce qui pour elle n’est pas grave puisqu’elle ne les recherche pas spécialement, sauf la tombe mégalo d’Oscar Wild, qu’elle n’a toujours pas trouvé faute de ne l’avoir pas réellement cherché.

Arrivée à l’avenue circulaire pavée, elle emprunte le passage de gauche. Sur les bords, s’enchainent ces vieux caveaux familiaux, grands, effrayants dans leurs rigidités de pierre. Nathalie ne peut pas s’empêcher de froncer des yeux en imaginant cette vieille tradition d’alors des grandes familles qui voulaient que tous les membres soient liées ensemble dans l’éternité malgré d’éventuels et violents différents familiaux qu’ils auraient pu avoir durant leur vivant. Ces morts trouvent-ils vraiment le repos en se partageant l’étroitesse et la froideur de ces tombeaux ? Une chose est sure pour Nathalie, elle ne déposera pas ses fleur dans un ces vieux caveaux, elle aurait trop peur d’y contracter une malédiction post mortem.
Le soleil commence à prendre ses teintes du couchant, normal c’est l’heure d’hiver. Ciel dégagé, froid plus intense, Nathalie quitte cette route trop dégagée pour joindre une traverse. Chemin de traverse, propice aux traversés, elle y croise un groupe de trois jeunes hommes, étudiants ou touristes mais en tout cas étrangers et pas tous du même pays vu qu’ils communiquent entre eux dans un Français d’apprentissage à couper au couteau. Ils remarquent sur le côté gauche une tombe fleurie protégée par une de ces barrières molle de chantier orange vif, ce qui dénature violemment cette vieille tombe haussée d’un gros buste sombre d’un homme du dix-neuvième siècle. Nathalie passe rapidement à côté pour ne pas les gêner car un des trois jeunes insiste auprès de ses camarades pour se faire prendre en photos à côté de la tombe. En passant, ses yeux roulent tellement vite sur le nom du prestigieux enterré qu’elle ne parvient pas à se remémorer le nom une fois la tombe passée. Un écrivain avec un nom commençant par un B….ou un D….aucune idée, mais pourtant connu dans l’histoire littéraire française, ça elle en est sure. Elle laisse filer l’oreille pour essayer de pêcher la réponse dans les paroles des trois jeunes derrière, mais ces derniers n’évoquent pas le nom, trop occupés qu’ils sont à se remémorer avec difficulté et forts accents d’un titre de livre de cet écrivain. Et puis il est trop tard, Nathalie n’a pas ralentie l’allure rapide de ses pas et les voix se perdent derrière elle. « Tant pis, écrivain connu, pour moi tu resteras aujourd’hui encore inconnu…. ».


Nathalie a longtemps marché à travers les allées à l’intérieur des divisions, elle y a vu plein de noms, homonymes de rues ou d’avenues, plein de style de tombe et d’écriture différente selon l’art de décoration et les confessions. Elle a même croisé une tombe anonyme (effacée avec le temps) en forme de petite pyramide, probablement quelqu’un mort à l’époque de l’Egypto-mania de la fin dix-huitième siècle, et du dix-neuvième siècle. Il y a beaucoup de ces décorations à l’« occidentalo-égyptienne » dans ce cimetière. A l’intérieur de certains vieux caveaux, elle y a vu des déchets : vieilles chasubles en état de décomposition, restes de vieille télévision hors d’usage et d’autres objets insolites qui font se demander « pourquoi ? » à l’esprit, sans réponse valable. Mais malgré tout cela, Nathalie n’a pas encore trouvé la tombe sur laquelle elle va poser ses fleurs.

A la sortie de l’allée qu’elle emprunte actuellement, une famille de touriste s’engouffre derrière une grande tombe pour prendre le plus rapidement possible une autre derrière en photos. Une tombe superbement décorée d’un bronze verdâtre d’une vierge se penchant sur le gisant du mort. Nathalie ne peut refreiner un petit rire amusé devant l’empressement de ces touristes à prendre leur photo, ce n’est pas la première fois qu’elle voit cela. S’il s’agissait de prendre en photo une voiture de collection qui circulerait sur une route, d’accord, mais cette tombe là, ne risque pas de partir très loin ! Et c’est encore plus comique devant des monuments de plusieurs tonnes comme la tour Eiffel. Elle se les imagine s’entendre dire : « vite, prenons là en photos, on ne sait jamais, elle pourrait se décider à partir dans la seconde, même si ça fait plus d’un siècle qu’elle est là ! »
Et il semble qu’en cette fin d’après midi, Nathalie n’a pas fini de voir des choses surprenantes. En continuant à monter plus haut dans le cimetière, elle voit une tombe de forme plutôt récente avec un gros petit chien caniche, grandeur nature et tirant sa langue en porcelaine, collé dessus. « Un compagnon d’éternité pour une concession à perpétuité. »     
Plus loin c’est un vrai chat noir assis entre les fleurs d’une tombe qui vole la vedette à la dernière demeure d’Yves Montand et Simone Signoret auprès d’un jeune couple de touriste. Nathalie ne peut pas croire que ce chat a choisit par simple hasard juste la tombe voisine des célèbres artistes, elle aurait bien voulu offrir ses fleurs à ce chat, mais il en a déjà beaucoup trop autour de lui.

Le parcours de Nathalie est à l’image de sa quête actuelle : hasardeux, incertain, sans logique. Elle redescend, passe devant le grand funérarium au centre, y voit un enterrement ou une crémation qui s’y déroule, ce qui la ramène dans la réalité de sa présence dans un vrai cimetière, chose que l’on oublie au milieu des touristes et tombes célèbres.
Finalement, elle trouve l’endroit qu’elle recherche, un de ces passages entre des tombes oubliées, couvertes de mousse d’un beau vert. Ici, on ressent le calme et le repos éternel des résidents. Mais c’est aussi un endroit tragique, car des tombes relativement récentes, n’ayant aucun dallage pour certaines, abritent ceux qui sont morts trop tôt !
Une mosaïque de jeune adolescente de dos, des galets peints déposés devant, des petits bocaux emplis de sable, des reliques d’objets colorés, des fleurs encore fraiches, des photos de jeunes adolescent(e)s sous un plastique de protection et les dates qui confirment le trop jeune âge de ces décès tragiques : 14ans, 18ans, 19ans, etc.…..Des enfants, des jeunes artistes….. Quels drames de la vie ont pu les envoyer dans ce lieu aussi vite ?
Et sur une de ces récentes tombes, un échiquier est posé ainsi que certaines pièces de jeu devant lui. Aux photos, on voit qu’il s’agissait d’un jeune joueur d’échec professionnel au nom vaguement russe ou slave. Attend-il un nouvel adversaire depuis son ultime demeure ?  
Nathalie a voulu déposer ses fleurs sur une de ces tombes mais elle s’est rétractée au dernier moment. Elle ne saurait l’expliquer, mais elle est comme persuadée qu’elle doit encore réserver ses fleurs pour quelqu’un d’autre.


Le coucher de soleil orangé devient encore plus rougeâtre, c’est le profond crépuscule qui s’annonce. Il n’est pourtant que dix-sept heures vingt, on sent l’hiver venir. Dans les arbres mis à nus par l’automne, les corneilles avec leurs parures et allures de corbeaux se mettent à croasser. A point nommé, cela s’accorde parfaitement à l’ambiance.
En redescendant sur « l’avenue circulaire pavée » du cimetière, Nathalie s’aperçoit que cette nouvelle luminosité de début de soirée lui fait remarquer certains détails inquiétants sur les tombes : une chauve souris moulée sur le grillage en fer d’un caveau entre des médaillons de clepsydres aillées et des portraits de vierge fermant les yeux. Très vite après cette découverte, c’est comme si une multitude de détails troublants lui sautent aux yeux, des statues de vierges abimées prenant des formes de gargouilles, des têtes de mort ailées ornant le sommet d’un caveau, des bustes et des visages en médaillons de profil aux expressions extrêmement austères…….

Et soudain, les lèvres de Nathalie cessent de s’amuser de la découverte de ces détails de décors d’ « épouvante ». Un air profondément grave et empli de tristesse l’assaille lorsqu’elle voit Cette tombe !
Une tombe sur laquelle le nom est écrit en idéogrammes asiatiques. Ce n’est pas la première qu’elle voit ainsi, il y a beaucoup d’asiatiques de confession chrétienne enterrés ici, mais celle là est particulière.
Particulièrement tragique compte tenu de l’âge de la petite fille qui y est enterrée. Entre la date de naissance et celle du décès, il n’y a que cinq années. Cinq années ! On peut en faire des choses en cinq ans, mais du point de vue d’une vie humaine, c’est dérisoire !
Nathalie n’arrive toujours pas à croire que dans la société actuelle de son pays, on puisse mourir à cinq ans. Pour elle, des notions comme « la mortalité infantile » datent d’un autre siècle, si antérieur qu’il lui semble révolu.
Elle se sent idiote de se sentir choquée comme cela. Avec son boulot, elle en voit pourtant des choses terribles et malsaines mais, heureusement peut être, elle n’a jamais eu à traiter une affaire impliquant la mort d’un tout jeune enfant.
Nathalie pose automatiquement ses fleurs sur la tombe de cette petite fille asiatique représentée souriante et pleine de joie dans un médaillon. Maintenant elle sait que cette visite au Père Lachaise la prédestinait à déposer ses fleurs ici. Elle ne peut pas lire les idéogrammes asiatiques, elle ne sait donc pas le nom, mais d’instinct, elle sait qu’il s’agit de la petite fille qui fut le déclencheur de toute l’affaire qui l’a ébranlé cet été dernier.
En silence, elle repart. Pour sortir définitivement du cimetière cette fois-ci. Elle ne remarque rien ni personne ne ressortant. Nathalie ne se sent pas pour autant chamboulée, au contraire, elle est sereine, maintenant et maintenant seulement, cette affaire est terminée. 

Depuis le grand portail de sortie, elle distingue une haute tour dans la dernière bande lumineuse de l’horizon. « Montparnasse peut être ? On peut la voir d’ici ? »
Puis, lançant de vifs regards autour d’elle, elle distingue les gens fatiguées sortir des métros, des bus ou encore des bistrots après leurs pénibles journées de travail et ils s’éparpillent en fantomatiques silhouettes silencieuses jusqu’à leurs appartements.
Vraiment, à la vision de ces corps fatigués, associés à la succession d’affaires tragiques qu’elle eu à traiter ce dernier été, Nathalie se demande si elle ne ressentait pas plus de vie à l’intérieur plutôt qu’à l’extérieur du cimetière !

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jeudi 27 septembre 2012

Brèves de métro parisien


Brèves de métro parisien

"La fiction n'est que de la réalité exagérée"


- Sur la ligne 6 après l’arrêt Belleville, une femme style bohémienne commença à faire la manche auprès des passagers. Ce n’était pas une heure de pointe, chaque passager avait une place libre pour s’asseoir sauf un homme trentenaire qui préféra pour on ne sait quelle raison rester debout, accoudé à la barre de fer près d’une porte entrée-sortie. La mendiante était insistante auprès des passagers et tentait lourdement de se faire prendre en pitié !
Alors qu’aucun des passagers assis ne lui donnait d’argent, l’homme debout redoutait l’arrivée de son tour à être abordé par la mendiante.

Etait-ce parce qu’il était debout ? La mendiante passa à côté de lui sans l’importuner ni prendre la peine de lui demander quoi que ce soit. L’homme regarda la mendiante s’éloigner dans la rame du métro… Il se sentit alors très mal, il se regarda dans la vitre de la porte. Paraissait-il si misérable que ça ? Avait-il une apparence si pitoyable que même cette mendiante ne prenne pas la peine de lui demander quelques pièces ?
Bon, d’accord il ne s’était pas rasé ce matin, il n’avait pas enfilé de costume non plus, mais tout de même ! La gêne céda le pas à la colère !
Il parti à la suite de la mendiante, la dépassa et se tint droit devant elle :
           - Dites donc madame ? Lui dit-il d’un ton sec. Je ne suis pas assez bien pour que vous me demandiez de l’argent ?

La mendiante, surprise comme on peut le comprendre, ne sut pas quoi dire et tendit la main à l’homme pour lui demander alors de l’argent.
            - J’ai pas d’argent à vous donner ! Répondit l’homme. Mais par principe, on demande aux gens ! C’est juste une question de respect !

Et l’homme descendit à la prochaine station d’un pas vif et nerveux. La mendiante et les passagers restèrent un moment à le regarder s’éloigner sur le quai. Puis le train redémarra.

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- Toujours sur la ligne de métro 6, le train s’arrêta comme d’habitude à la station Alexandre Dumas. C’est ici qu’entra un passager avec une tête de d’Artagnan !
Un jeune homme, dans le début de la vingtaine, pull noir, pantalon serré noir, chaussures dorées, mais un visage au style de…….mousquetaire !

Une tête de mousquetaire comme on en fait plus ! Des cheveux châtains clairs et longs. Raides mais un peu frisés vers le bas, un visage sérieux, sa barbe est un bouc fin et long, de courtes moustaches fines ! D’Artagnan, quoi !  

Accident temporel ? Possible mais, à la vue de ses vêtements, il avait une notion de mode plutôt bien adaptée au présent. Donc théorie peu crédible, car pour un éventuel homme du 16ème siècle, il possédait une bien trop bonne maitrise du métro.

Le jeune homme regarda bizarrement un autre jeune homme face à lui qui le regardait bizarrement en retour ! Ne pouvait ‘il pas comprendre que pour ce deuxième jeune homme, étudiant en prépa littéraire, l’entrée d’un d’Artagnan à la station Alexandre Dumas était plutôt comique ?

Ou alors n’y a-t-il jamais eu de d’Artagnan ailleurs que dans l’imagination d’un esprit épuisé de jeune étudiant en prépa littéraire !

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- Journée touristique du weekend sur la Ligne 1, beaucoup de touristes donc ! Qui s’entassent dans cette rame de métro automatique.
Soudain, la voix à l’hautparleur d’un agent de la Ratp qui déclare :
        - Mesdames et messieurs, on nous signale la présence de pickpockets dans votre rame de métro ; veuillez faire attention à vos affaires à l’entrée et la descente du train !

A la suite de cette annonce, les gens commencent à lancer des regards suspicieux à gauche et à droite, des regards de travers à l’encontre de leurs voisins. Les mains qui se resserrent sur leurs sacs et leurs poches !
Dans ce climat de suspicion totale, un couple, homme et femme commencent à  parler tout haut et fort !
L’homme à la fille :
         - Alors, tu va toujours voir ton psy pour tes problèmes de kleptomanie ?

Une vieille dame serre très fort son sac à main contre sa poitrine.
         - Non, il m’a jeté, il en avait marre que je lui vole des trucs dans son bureau ! Répond la fille.
         - Aie ! je le comprend. Remarque, j’aimerais bien récupérer mon briquet zippo que tu m’as volé tout à l’heure.

La même vielle dame commence à pâlir…
La femme du couple se met à fouiller dans ses poches :
             - Ah ? Mais il faut me prévenir mon pote, je vole tellement de truc presque malgré moi que je ne m’en rends plus compte !  Tiens ?
             - Qu’y a-t-il ?

Elle sort un porte monnaie.
             - Ce porte monnaie, je suis certaine de ne pas l’avoir volé, et il n’est pas à moi !
             - Sure ?
             - Certaine !
             - Peut être que vous vous être entre-volé avec un autre kleptomane ! Rare mais ça arrive !            

Le vieille dame était arrivée à l’extrême limite de sa panique ! Elle sorti une bombe lacrymogène de son sac et aspergea la femme et l’homme du couple en leur hurlant :
             - Vous n’aurez pas mes petites économies espèces de racailles !

Et elle sorti affolée à la prochaine station, tandis que les deux personnes du couple avaient les yeux qui leur brulaient et qui n’arrêtaient plus de pleurer !
Cette erreur, car c’en était une, était due à une blague de mauvais goût de la part de ce jeune couple. Une blague qu’ils ne referont pas de sitôt !
Mais les agents de la Ratp eux, continueront à faire des blagues de fausses alertes aux pickpockets pour se délecter de ces accidents cocasses !

Une dernière chose pour clore cette brève : en rentrant chez elle, la vieille dame vida son sac qu’elle avait vaillamment défendu. Elle constatât qu’il était plein de portes monnaies, portables, bijoux et briquets ! Cette vieille dame était une vraie kleptomane qui ne se rendait même pas compte de ses vols !

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Ligne 8, l’heure dite de pointe, celle des usagers fatigués qui rentrent après le travail. Ils n’aspirent qu’au repos et au calme après une journée dans la capitale bruyante !
Malheureusement, pour les passagers de l’avant dernier wagon, ils durent subir les paroles fortes et insipides de deux jeunes filles, deux jeunes lycéennes à vu d’œil !
Ces filles, pas très féminines soit dit en passant, parlaient entre elles avec un ton et des expressions dignes des jeunes « wesh wesh » comme on les nommait encore il n’y a pas si longtemps.
Alors quel est l’intérêt de cette histoire très commune ? Il faut bien que jeunesse se fasse, ou trépasse !

Et bien l’intérêt est que vous n’avez jamais saisi l’antagonisme de filles qui parlent manucure en langage de « caillera » !
           - C’qui m’fait trop flipper, t’as vu, c’est quand c’te pute de vernis s’ met à couler d’ton ongle ! Quoi !
           - Grave ! Moi aussi ça m’fout trop vénère !
           - T’es calé avec l’truc tube des z’otres batards d’Loréal ki sèche direct !
           - Attends ! Attends ! T’crois que toutes les meufs, vas y k’elles y arrivent d’un coup ?
           - Mais Nan, ces s’pèces de mythos, y’a le truc qu’tu mets sur l’ongle t’as vu ! Puis v’là comme t’l’étale d’un coup la vie de ma mère !  
             - Fais chier, trop un truc pour les biatches ça !!! 

Tout ça pour dire que, bien que parlant de manucure, ces deux jeunes filles faisaient beaucoup plus peur que leurs homologues masculins qui parleraient de drogue, d’arme à feu, de racket ou encore de braquage !

vendredi 14 septembre 2012

Nouvelles cartes de visite.

En ce moment, c'est période creuse pour ce blog. Je suis en travail d'écriture pour des romans plutôt longs. Ceux qui sont finis vont bientôt être proposés à des Editeurs quand à d'autres, ils nécessitent encore beaucoup de travail.
Donc, pour faire passer le temps et histoire de mettre du nouveau dans ce blog, je me suis amusé à créer de nouvelles cartes de visite.


 



 " collectionnez les toutes ! "

jeudi 16 août 2012

Article Nice Matin


Merci à Isabelle Varitto pour son article. (Et merci à la famille Pelardy pour nous avoir mis en contact). 

Ma 1ere séance de dédicace.

Le samedi 11 Août, j'ai eu l'occasion de faire dédicacer mon premier livre au rayon librairie de Centre Leclerc du Cannet Rocheville.
Une bonne première petite expérience. Sur les dix livres que le magasin avait commandé, Huit en ont été vendus et dédicacés.
La relation auteur-client est vraiment très interressante dans une situation de rencontre directe.
J'ai eu droit à des rencontres intéressantes, amicales, originales même, et surtout une nostalgique où mon ancienne maitresse d'école est venue faire dédicacer mon livre !

Merci à Fabienne, la responsable du rayon librairie, de m'avoir, à moi comme à d'autres auteurs débutants ou peu connus, donné cette occasion.




   
Enfin, une anecdote intéressante, mais qui n'a rien à voir avec les dédicaces au final :
                 Alors que j'étais assis à ma table où je dédicaçais mon bouquin dans le rayon librairie en période creuse, j'en profitais afin de passer le temps, pour lire un des livres du rayon. Un homme m'interpelle, me demandant si je voulais un apéritif ou un jus de fruit. Je le regarde, je vois un vieil homme qui n'est pas du magasin. Un client qui faisait ses courses. Je pense donc à une blague. Il continue alors en me disant que j'ai bien raison de prendre mon temps et de rester à bouquiner tranquillement dans ce magasin où tout le monde bouge vite tout le temps. Et il achève en disant que c'est en faisant pareil qu'il reste en pleine forme à 82ans !
Voila, donc cet homme n'avait pas du tout compris que j'étais là en dédicace, il croyait que j'étais le seul client à avoir osé se poser pour bouquiner tranquillement dans le magasin. Malgrès tout, je trouve que c'est une belle rencontre. Je lui ai donné ma carte même s'il n'a pas du plus comprendre ce que je faisais vraiment dans ce magasin ce jour là !

jeudi 19 juillet 2012

Archange Léon, nouveaux échos !

Vu que ça va faire maintenant presque quatre mois que mon premier roman Archange Léon est sorti, il est grand temps que je remercie (ici aussi) tous les gens qui l'ont acheté et qui m'ont laissé des petits mots de félicitation et d'encouragement.
Bien sur, comme je l'avais dit dans un message précédent: ce ne sont pas des avis objectifs de grands critiques littéraires et bla, bla, bla....
Bein justement! Pour moi, c'est beaucoup plus important l'avis de tous ces lecteurs qui ont passé un bon moment avec mon livre et qui me motivent à continuer dans ce domaine !
Donc, comme précedemment, je retranscris ici les messages qui m'ont été envoyés (pour ceux dont ça fait un peu longtemps, veuillez pardonner mon retard) :

"J'ai passé un excellent moment avec LEON. Dès les premières pages on a hâte de connaitre son sort. Certains passages m'ont fait penser aux films de QuentinTarantino.
Une pointe d'humour, de sarcasme .....bref je suis preneusepour le prochain livre."
                                                                                                               Sandra Boselli

"Je l'ai trouvé très sympa , ça m'a rappelé  mon boulot puisque je bosse dans le social, et la  façon dont tu racontes l'histoire, j'aime. Encore bravo. À quand le prochain . Bises et à bientôt." 
 Valérie Desailloud​-Roseren


"Comme tu le devines je l'ai lu dans les 24 heures qui ont suivi. Verdict : je me suis bien éclaté, c'est parfaitement dijoncté, plein d'humour et d'imagination. Amitiés et encouragements au futur Ducasse I."
José Casajus


"Merci Julien pour ton livre déjà prometteur quant à son avenir."
                                                                                                            Suzanne

Un grand merci encore pour vos messages qui m'ont fait très plaisir !

Enfin, je remerci aussi Erwin Casajus qui a eu la gentillesse de me proposer de présenter et vendre une partie de mes romans à sa galerie NEO ART CONCEPT
10 avenue du midi 06220 Golfe Juan Vallauris.
Page facebook : Neo art concept

Une superbe Galerie d'Art Urbain à laquelle je vous recommande d'aller !
Auto-entraide promotionnelle ;)

Giovannoni Julien   


lundi 9 juillet 2012

Archange Léon, Short BD

Et une petite scènette inédite !!! Pas du tout présente dans le roman.
Toute ressemblance avec des situations récurentes dans le métro parisien m'étonne beaucoup tellement ce n'était pas voulu !!!! (Ironie).
Merci à mariko pour avoir dessinée cette page.

samedi 26 mai 2012

Carte de visite



J'ai finalement fait ma propre carte de visite d'Auteur, car c'est toujours utile en cas de rencontre. Et puis, ça fait toujours un peu plus professionnel : "Voila je vous laisse ma carte, il y a l'adresse de mon blog dessus, vous pouvez voir mon travail."
C'est plus pratique que: "non, mais j'ai un blog !!! Vous avez du papier et un stylo? Je vous le note......Bon sang, c'était quoi l'adresse exacte déjà ?........."

C'est vrai que le design de cette carte me fait un peu penser à un paquet de cigarette. Ce n'était pas voulu. Bah, au moins, ce paquet de cigarette là ne vous menace pas de mort !!! 

mercredi 16 mai 2012

Romans en projets

Voici les synopsis de certains de mes romans en projets. La plupart sont en court de finition, certains sont déjà finis et je tente de les présenter aux éditeurs, enfin d'autres ne sont seulement encore qu'un résumé. "Archange Léon" est mon premier roman publié, mais il y en a beaucoup d'autres qui attendent leur tour.
Ces Romans là sont un mélange, avec ma touche personnelle, de roman noir, science fiction et fantastique.  

"Archange Léon", premiers échos.

Voila déjà un mois et demi que mon premier roman "Archange Léon" a été édité. Je n'ai pas le nombre exact d'exemplaires qui ont été commandé, mais je sais qu'une cinquantaine a déjà été vendu !
Donc je remercie tous ceux qui ont acheté mon premier roman et j'espère qu'il vous a plu (ou tout au moins amusé).

J'en profite pour retrancrire ici les avis de deux de mes amis qui ont lu "Archange Léon". (Bien sur, me diriez vous, ce n'est pas un avis très objectif vu que ce sont des amis, ça ne vaut pas l'avis d'un vrai critique, etc.....).
Personnellement, je ne pense pas, (je m'en moque un peu aussi), l'important pour moi est que ce sont deux commentaires qui m'ont motivés à continuer mes projets d'écriture.


Ton Archange Léon est génial et poilant ! On se retrouve un peu tous là dedans ! Par exemple l’expression d’Aymeric « on s’appelle, on se fait des quenelles ». L’enfer fashion Duche Gambana ! Je me suis régalé avant de me coucher hier soir !

Christophe Pelardy.

Sincèrement, j’ai beaucoup aimé ! L’alternance entre des passages plus ou moins déjantés et humoristiques, et d’autres dignes de la plus grande poésie ! Vraiment une lecture agréable, durant laquelle la qualité et l’abondance de traits d’esprits et de clins d’œil m’ont fait souvent sourire. J
En bref, tout ça pour dire : What’s the next ??? ;)
Ps : j’espère que tu apprécieras mon impression, et qu’elle t’encouragera d’autant plus parce que j’adhère totalement !!
Delphine Enrici

Donc un merci tout particulier à Christophe et Delphine.
Sinon, en plus de celà, il y a un buraliste et le Leclerc du Cannet Rocheville qui ont eu la gentillesse de presenter mon livre en rayon. Et avec un peu de chance, je pourrai participer au festival du livre de Mouan Sartoux en Septembre 2012. 
Pour un premier livre que j'ai sorti dans une petite maison d'édition, je suis assez content du résultat. 

En conclusion, je déteste faire de la pub, mais le seul moyen de survie en tant qu'auteur est de se faire continuellement sa promotion. 
Mon livre "Archange Léon" n'est malheureusement pas exposé dans les fnacs ou les librairies, mais comme mon éditeur Jets d'encre est une maison d'édition en ligne, si vous demandez mon livre dans les fnacs, virgin, cultura, etc....et certaines librairies, ils pourront le commander.
Vous pouvez aussi le commander vous même, sur le site de l'édition.

Voila, n'hésitez pas à en parler à vos amis, aux amis de vos amis, etc....

Giovannoni Julien 
         


       

lundi 23 avril 2012

Nouvelle photo de profil

Ma nouvelle photo de profil, hommages divers.......



Hommage aux illustrations de Chris.
Hommage à ce miroir "baroque" chez moi.
Hommage à l'esprit torturé de l'imagination humaine.
Hommage aux fantômes de l'heure du taureau.
etc...................

vendredi 30 mars 2012

Nouvelles du "Rêves et inspiration"

Il s'agit de courtes nouvelles que j'ai crée il y a quatre ans. Vers 2008 si je me rappelle bien. A cette époque, mon cerveau moulinait un peu trop, se posait beaucoup de questions et virait à la déprime. Mais en ce qui concerne ces nouvelles, je les placerais dans une rubrique "rêves et inspiration" car elles sont des métaphores de ces deux thèmes.
Pour les deux que je présente dans ce blog, la première: "La mauvaise idée" tourne autour de "l'idée", c'est une inspiration à partir de bribes d'un rêve que j'ai eu. Le deuxième: "Le rêve de l'homme en gris" joue avec des couleurs, c'est plutôt une inspiration offerte par la routine quotidienne.
Donc : libellé "nouvelles du "rêves et inspiration" leur conviennent très bien.  

Nouvelle "La mauvaise idée"


La mauvaise idée

(Une petite histoire, dans un endroit, quelque part)

Sais-tu ce que deviennent les idées que l’on ne trouvait pas bonnes ?
Tu crois qu’elles ont simplement disparu de l’esprit du monde et que plus personne ne les croise jamais ?

Anya est déjà une grande idée, elle devrait faire attention, ce n’est plus une petite idée, elle doit servir à quelque chose maintenant !
Anya, c’est l’idée du professeur Tagochi !  Avant, Tagochi avait beaucoup d’idées mais maintenant il se fait vieux, il n’a plus l’envie. Il a de moins en moins d’idées.
Anya souffre du problème de toutes les idées : elle n’a pas d’idée sur ce qu’elle pourrait faire. Alors elle accroche inlassablement aux murs des posters de meilleurs idées qu’elle.

En la voyant faire cela toute la journée, les assistants du professeur Tagochi passent leur temps à la critiquer.
Le docteur Ténia : mais elle n’a pas bientôt fini ? Je me demande quelle idée elle a derrière la tête ?
Le docteur Galexei : vraiment professeur Tagochi, vous avez encore eu une drôle d’idée !
Le docteur Robotnik : quelle idée d’accrocher toutes ces affiches !
Le docteur Grey : vous n’avez pas le monopole des bonnes idées docteur Robotnik !

Le professeur Tagochi arrive alors dans la chambre, il est bien contrarié que ses assistants critiquent son idée. Il regarde Anya et lui dit d’un ton ferme : « tu n’as pas envie de te comporter enfin comme une bonne idée? Tu sais ce qui arrive aux mauvaises idées ? Elles finissent au fin fond du tunnel de l’inconscience ! »

Si le professeur Tagochi est aussi strict avec Anya, c’est parce qu’il a déjà perdu une idée dans le passé. A cette époque il avait beaucoup d’idées, tout le monde avait beaucoup d’idées. Il faisait bon vivre en ce temps là, les affaires marchaient bien, n’importe quelle idée faisait l’affaire. C’était le temps de gloire du royaume du prince Cortex. Puis la crise est arrivée, sans prévenir, les gens n’avaient plus le temps pour les nouvelles idées, il n’y avait de la place que pour les très bonnes !

Alice est née à cette époque, ce fut la dernière idée saugrenue du professeur Taguchi. Alice était une jolie petite idée bizarre : c’était le croisement entre le petit chaperon rouge et le grand méchant loup ! Avant cette idée aurait sûrement intéressé quelqu’un. Mais maintenant, depuis la disparition du prince Cortex, il y a une loi très dure qui chasse et élimine les idées inexploitables !
Les larmes aux yeux, Taguchi a du se séparer d’Alice. Et il ne veut pas que ça recommence avec Anya qui est quand même une idée plus raisonnable.
Anya ne réagit plus quand on lui fait des reproches, elle ne voit pas en quoi ses idées sont mauvaises, d’autant plus qu’elle n’a pas d’idée.   

Soudain, de l’extérieur, on entend beaucoup de bruit, de la musique ! Ils ouvrent la fenêtre et regardent au dehors. Le docteur Robotnik s’exclame : « mais oui ! C’est aujourd’hui le grand défilé de la foire aux idées ! »
En ouverture du festival, arrivent deux sumo policiers sur de toutes petites motos criant « attentionnnnn ! Pousseeeeeez vouuuuus ! »
« Hum ! Drôle d’idée ! » Fait le docteur Grey.
Arrive alors dans un incroyable costume fluo, le leader de la file des musiciens en fanfare qui malgré son apparence physique loufoque demande aux gens « ne rigolez pas ! Ne rigolez pas ! » De plus, il est escorté de deux majorettes gardes du corps ce qui rend la scène encore plus cocasse.
Et que dire des musiciens qui se gonflent et dégonflent comme des baudruches en soufflant dans leurs instruments !
Bref ce festival est une succession d’animaux, de gens, de véhicules tous plus déjantés les uns que les autres.

Taguchi et ses assistants sont vraiment surpris : « mais qui a pu avoir ces idées de dingue ? » «Ce sont les idées les plus folles que j’ai vues depuis longtemps ! » Taguchi lance alors : « quelque chose est en train de changer ! J’ai une idée, allons voir ce festival ! »
Ils vont tous dans la voiture : Anya est vraiment intéressée par cette foire aux idées. Elle se sent enfin à sa place dans ce monde.

Alors que le véhicule arpente les rues, en queue de cortège, il croise un étrange attelage : un carrosse royal tiré et entouré de gardes centaures. Dans le carrosse, on distingue difficilement un jeune homme brun couronné prenant une posture impériale. 
Le docteur Galexei est le premier à oser dire ce que tous pensaient : « c’est le prince Cortex ! ». Le grand monarque autrefois déchu, propriétaire des terres de l’imaginaire, seigneur des idées avait enfin repris le pouvoir aux sombres bureaucrates du besoin.

Alors que le carrosse s’éloignait, Anya a alors l’idée de sauter du véhicule bloqué par la foule pour poursuivre le carrosse royal ! Elle entend au loin Taguchi essayer de la rappeler mais elle ne veut plus perdre de temps sur l’impact de ses idées, si elle ne s’arrête pas de courir, elle perdra le carrosse de vue.
Anya est quand même une idée qui va vite, avant qu’elle ne s’en soit rendue compte, elle a atteint l’extrême périphérie de la ville. Arrêtés dans un square perdu, les centaures qui tiraient le carrosse s’abreuvent. Mais le véhicule était vide ! Un des centaures la regarde en souriant et lui indique la direction d’un tunnel.

Anya hésite, elle connaît les dangers des tunnels de la périphérie. Depuis sa création on lui dit qu’il n’y a pas de place pour les mauvaises idées  au-delà des tunnels de « conception ». Mais Anya est une idée coriace et elle s’engage dans le tunnel, elle marche longtemps et arrive soudain à un croisement. Elle redoute cet endroit, sur la gauche il y a de petits tunnels de « réalisation » mais devant il y a un immense tunnel obscur dont les bords sont étrangement sculptés et envahis par la végétation.
C’est le tunnel de l’« inconscience », là où le professeur Taguchi lui avait souvent dit qu’elle finirait !

Anya est bloquée devant cet immense tunnel quand soudain devant elle surgit une grande et très jolie idée. Sous les traits d’une jeune fille vêtue de rouge, l’idée la regarde en souriant puis d’un coup elle se transforme en loup ! Anya sursaute, l’idée reprend sa forme originale et rigole. Anya la reconnaît alors, il s’agit d’Alice la petite idée que le professeur Taguchi avait eu il y a longtemps. Maintenant elle est devenue une grande idée !

Alors que les drôles d’idées étaient chassés par les bureaucrates du besoin, le professeur Taguchi avait abandonné Alice dans le tunnel de l’inconscience. Pendant des semaines elle avait marché dans le vieux tunnel mystérieux. Arrivée au bout elle avait trouvé le trône vide du feu prince. Mais le sang royal est immortel ! Et le fantôme du prince enfant lui avait demandé « que se passe t’il ? Tu es un fantôme ? » Alice lui répondit : « non c’est toi le fantôme ! » Puis en lui lançant de la boue sur ses luxueux habits, le prince sortit de sa torpeur, il était temps pour lui de revenir chez les vivants. C’est ainsi qu’il tomba amoureux de la petite idée incongrue et ils grandirent tous les deux à l’abri  dans les tunnels de l’inconscient. Attendant le jour où l’imaginaire règnerait de nouveau en maître.

Mais aujourd’hui, le jour est venu pour Alice de réaliser son destin. Elle prend Anya par la main et se dirige vers les tunnels de la réalisation. Avant de quitter ces terres, Alice jette un dernier regard vers le fond du tunnel de l’inconscient. Au fond du tunnel, siégeant majestueusement sur son trône, le prince est triste mais satisfait. Attendant impatiemment ce que donneront ces deux idées folles.     

Taguchi ne revit plus jamais Anya. Mais assez bizarrement, depuis son départ, le vieux professeur a retrouvé confiance en lui. Il commence même à avoir de nouveaux des idées originales. Il congédia donc ses assistants et ne laissa plus rien entraver son imagination.

On raconte depuis que seul le prince Cortex sait ce que deviennent les idées qui passent par les tunnels de « réalisation ». On raconte aussi que le prince rode souvent à la croisée des tunnels, les yeux remplis de nostalgie attendant on ne sait quoi…….

Si au bout de cette étrange histoire, vous n’avez  pas compris que tout ce petit monde fonctionne comme l’imagination d’un cerveau humain, c’est que vous avez des idées très arrêtées sur les choses mes amis !    

Fin (ou commencement).

Giovannoni Julien. 2008

Nouvelle : "Le rêve de l'homme en gris"


- Le rêve de l’homme en gris -

Entre les quatre murs d’un misérable petit studio dont les bords sales étaient fissurés, vivait un jeune homme.
Peu importe ses nom et prénom, nous l’appellerons juste « l’homme en gris ». Non pas que le monde dans lequel il vivait avait perdu toutes ses couleurs, mais aux yeux du jeune homme, la tristesse du décor, la triste routine de sa vie et sa mélancolie permanente lui empêchaient de distinguer les couleurs. Pour lui, toute sa réalité ne s’affichait que dans des teintes de gris.

Il avait oublié la vraie couleur de ses cheveux, de ses vêtements, et même celle des immenses posters qui arrivaient à recouvrir les murs de « sa prison d’appartement ». Il y avait des photos d’îles lointaines et d’anciennes promesses d’évasion.
 
Chaque matin, à la fenêtre, l’homme en gris contemplait avec désespoir le bruyant et nauséabond périphérique qui passait au ras de son vieil immeuble. Il était encore jeune, et pourtant l’avenir n’était pour lui que grisaille.
Chaque jour sur le quai de la gare, au milieu d’autres passagers fatigués, il attendait des trains toujours en retard et se laissait entrainer sur le long trajet routinier où absolument rien dans le paysage ne retenait son attention.
Il marchait la tête basse, à quoi bon la relever ? Là haut, sous le ciel gris, il n’y avait que les monstrueuses tours des cités.

L’homme en gris travaillait comme guichetier dans une banque, « le crédit Porcin, la banque qui engraisse vos sous ! » Ce n’est pas qu’il aimait ce métier, mais il avait eu la chance d’avoir une place. A part quelques clients embêtants, tout se passait médiocrement bien, jusqu’au jour où elle arriva ! Sa nouvelle « petit chef » ! Une arriviste conseillère de banque qui pour faire sa place en ces temps de crise, était prête à écraser tout le monde !
Dès les premiers jours, elle n’aima pas l’homme en gris ! D’abord, mielleusement et subtilement, elle lui mit des bâtons dans les roues, le poussant à faire des fautes. Ce qui était d’autant plus ridicule que l’homme en gris se contentait de son petit poste de guichetier et n’était en rien une menace à sa recherche absolue de promotion. Mais les vacheries devinrent de plus en plus fortes, et un jour l’homme en gris s’énerva contre elle ! Et ce fut à lui que l’on donna tort ! Dès lors, aller au travail devint un supplice, sous le regard de la vipère, chaque jour il recevait d’humiliants reproches : « Tu es mou ! Feignant ! »
Déprimé et hypocondre, l’homme en gris souffrait d’un terrible stress, son avenir lui était aussi noir que le fond d’un tunnel piéton sous le périphérique qu’il empruntait pour rentrer chez lui.
Un soir comme les autres, dépourvu de toute vie sociale, il s’endormi en sachant pertinemment que demain rien n’ira mieux.

Il rêva qu’il était sur la grande plage d’une île paradisiaque ! Il eut d’abord mal aux yeux, il voyait des couleurs ! Les teintes blanches et jaunes du sable, le bleu cristallin de la mer, les différents tons de vert des magnifiques arbres fleuris parsemant toute l’île ! Et surtout, il revit enfin la vraie couleur de ses cheveux ! Ils étaient marrons clairs, et sa chemise était mauve, ça aussi il l’avait oublié.

Emerveillé par le nouvel univers qu’il découvrait, totalement aux antipodes de sa réalité, il rencontra des gens. Des sortes d’îliens, des gens à la peau dorée, simples, charmants, accueillants et généreux, ne semblant avoir d’attention que pour lui. En l’espace d’un seul rêve, il nouât de profondes relations d’amitié et un amour naissant pour une jolie jeune fille des îles à la robe rouge.
Toujours emporté dans son rêve, l’homme en gris, désormais l’homme en couleur, se sentait bien ! Mieux qu’il ne l’avais jamais été ! Un air pur, une bonne santé et surtout le sentiment d’être heureux !
Avec ses tous nouveaux amis, il monta jusqu'à un sanctuaire au sommet de l’île dont le magnifique panorama s’étendait sur un océan bleue infini !
Avec la jeune fille à robe rouge, il s’amusa à attraper des crabes dans l’eau délicieusement tiède !
Et le réveil matin sonna ! Toutes les couleurs s’estompèrent lorsque l’homme en gris se réveilla dans son studio.
Ce nouveau jour de sa triste réalité fut pire que tous les autres. Les images de son merveilleux rêve trottaient toujours dans sa tête.
Au désespoir de sa routine quotidienne, un sentiment de dégout et de colère s’ajoutait dans le cœur de l’homme en gris.
Il alla au travail à pied, ayant perdu la patience d’attendre le train. Il se retenue par miracle de ne pas frapper sa petite chef au « crédit Porcin, plus vous en mettez, plus il grossit ! » lorsque cette dernière lui dit avec mépris : « apprends enfin à faire ton boulot ! »
Et des larmes noires coulaient de ses yeux lorsqu’il rentra dans ses maudits quatre murs !
Il s’écroula par terre et s’endormi.

Quelle ne fut pas sa stupéfaction et sa joie lorsqu’il vit que le rêve reprit exactement à l’endroit où il s’était interrompu. Il passa une journée de bohème avec ses compagnons à l’ombre des arbres et d’une grande pagode d’un rouge étincelant, autant que la robe de cette jeune fille qui ne le regardait plus sans faire d’immenses sourires !
Ils commencèrent tous deux à se rapprocher en se baladant ensemble main dans la main, dans la forêt et près des plages où ils s’amusaient à caresser des animaux !
Hélas le réveil l’extirpe de ce monde de couleur pour le ramener dans le monde de gris.
Cependant, l’homme en gris réfléchit. Serait-il possible qu’il puisse vivre sa vie rêvée dans son sommeil ? Où n’est ce qu’une coïncidence ?
Il tente alors quelques petites expériences, il s’endort sur le quai et se retrouve à la suite du rêve.

Il prend des somnifères pour s’endormir dans le train, le rêve continu.
Sous l’emprise des cachets, il s’endort au travail au « crédit Porcin, le crédit qui ne dort jamais » Il voit la fille de ses rêves l’attendre dans une magnifique tenue traditionnelle, puis soudainement, il voit la femme de son cauchemar de réalité l’extirper du rêve en hurlant : « réveilles toi crétin ! »
Et enfin la délivrance, le soir où il peut librement s’évader dans son rêve.

Et dans son rêve, les jours et les nuits s’enchainent dans la joie et la douceur ! Chaque fois qu’il dort, l’homme en gris devient l’homme coloré. Et plus le temps passe, plus il veut augmenter son temps de sommeil pour vivre son rêve et fuir sa réalité !
Peu lui importe de s’endormir des heures sous les vapeurs d’échappement du périphérique si de l’autre côté il se retrouve avec ses amis sincères dans de somptueux jardins. Peu lui importe de s’endormir dans un renfoncement d’immeuble sale au milieu des pigeons si de l’autre côté, il se ballade amoureusement avec sa dulcinée.

Mais, à force d’user de somnifère il se retrouve endormi au travail dans l’impossibilité de se réveiller. La sanction est sans appel : « tu es viré minable ! Viré ! »
Mais cela n’a pour lui aucune importance, plus besoin de ce travail pourri, à supporter les agressions de cette hyène.
Il peut manger moins, vivre dans un refuge, qu’importe du moment qu’on le laisse dormir presque toute la journée. Qu’on le laisse profiter de son amour sur une île au loin dans ses rêves !

Mais la société lui inflige la pire des tortures. Chaque citoyen dispose d’une petite rente de « droit à l’existence » c'est-à-dire le minimum pour survivre. Cependant, en échange, les citoyens ont comme une corde autour de leur coup ! Ils ne sont pas libres de leurs corps, ce dernier appartient à la société. En cas de problèmes qu’ils infligent à leur propre santé, ils ont l’obligation de se soigner, par la force si besoin est !
C’est alors que les médecins obligent l’homme en gris à s’inoculer un sommeil chimique pour pallier sa surabondance de sommeil.
Un sommeil noir, sans rêve, juste une ellipse dans la réalité !

L’homme en gris est devant un cruel dilemme : d’un côté, il peut toucher la rente de « droit à l’existence » mais il ne pourra plus jamais rêver.
D’un autre côté, il peut refuser le traitement et continuer à rêver, mais ce sera sans aucune ressource et cela le conduira inévitablement à la mort.
 « Comment rêver éternellement ? » se demande’ il.
Ce problème le rend malade ! Il voudrait passer sa vie à dormir et rêver de son autre existence. Mais il faut cependant pouvoir maintenir en vie son corps dans la réalité.
Et un jour, la solution se présente devant lui : sur une télévision d’une vitrine  de magasin. La présentatrice du journal sur l’écran que l’homme en gris voit en noir et blanc raconte ceci : « …..Et enfin, je vous rappelle l’information principale : pour lutter contre la surpopulation carcérale, le système de cryogénie comatique a été voté à l’assemblée….Il ne concerne que les auteurs de crimes très graves…. »
« Voila la solution ! » exulte l’homme en gris. Il ne lui reste plus que le courage de mettre son plan en pratique.
C’est le dernier jour dans son misérable studio, il doit le quitter demain. Il prend un de ses rares couteaux de cuisine en bon état. Il sait pertinemment qui il va frapper ! Il lui faut juste faire le point avec sa conscience. Est-ce que l’enjeu mérite t’il cet acte ?
L’homme en gris finit dans un état second, peu lui importe de sacrifier cette vie là, seule la vie de ses rêves compte ! Et puis, après avoir trimé à engrosser les porcs, il est l’heure d’égorger la truie !
Il se rend une toute dernière fois à son ancien lieu de travail, « Au crédit Porcin, on ne saigne pas le cochon ! » La petite chef à a peine le temps de l’apercevoir qu’il la tire par les cheveux et l’égorge d’un coup sec avec son couteau ! Pour la première fois dans sa réalité faite de couches de gris, il voit une couleur, celle de l’hémoglobine sur son couteau et son visage hébété !

L’homme en gris est arrêté sans résistance. Au tribunal, sous l’ombre accusatrice de la croix, il ne déclare qu’une chose : « coupable, et prêt à le refaire quand vous voulez ! » Le jugement est sans appel, il est condamné au coma cryogénique à perpétuité !
Enfin l’homme en gris à atteint son but. Et tandis qu’on l’installe dans le caisson cryogénique, il s’endort avec un immense sourire sur le visage ! Ce sourire ne le quitte plus, les geôliers qui l’emmènent dans le sombre et froid couloir des caissons de détention alignés se demandent : « mais pourquoi sourit-il ainsi ? Ce type va perdre toute sa vie ! »

L’homme en gris se retrouve dans le jardin paradisiaque, plus heureux que jamais, il s’empresse de retrouver ses amis et sa bien-aimée pour leur dire qu’il restera ici éternellement. 
Mais il ne les trouve pas tout de suite, les jardins sont déserts. Il finit par trouver quelques amis, mais ceux-ci lui font un accueil plutôt hostile, pire, ils le chassent en lui jetant des pierres et vociférant des choses qu’il ne comprend pas. 
Inquiet, l’homme en gris se dirige vers un ponton au bord de l’eau où avait l’habitude de l’attendre sa fiancée.
En avançant vers la mer, il voit les couleurs s’estomper peu à peu, le décor virer au sépia. Et il s’assombrit encore lorsqu’avec horreur il voit le corps sans vie de sa bien-aimée dans sa robe rouge virant au pourpre et mortellement blessée par la même blessure au coup qu’il avait infligé à sa petite chef du « crédit Porcin ».

L’homme en gris restera longtemps prostré sur le cadavre de sa fiancée. A verser des larmes noires, prisonnier pour le restant de sa vie de son désormais cauchemar en gris !

- Fin -

Givannoni Julien . 2008